L’hypersensible
affronte un monde, un environnement qu'il perçoit comme
agressif et dangereux. Il cherche à s'en protéger,
à
éviter la submersion qu'il ressent, à réduire
les effets de sa sur-réactivité.
L’hypersensibilité
se présente d'abord comme un handicap, une anormalité,
un problème dans la vie sociale, une incapacité de
faire. Méfiant de ses réactions parfois excessives, en
doute sur ses capacités et son adaptabilité,
l'hypersensible a peur de changer et d'ajouter ainsi la confusion
à
son sentiment d'insécurité. Il cherchera la paix dans
l'oubli, l'occultation, l'anesthésie. Il voudra oublier sa
réalité vécue et la remplacer par une vision du
monde plus conventionnelle où il se sentira moins exclu. Il
se perçoit comme « un gnome handicapé,
décalé et incongru ». Sur-réactif,
différent, incompris, dérangeant. L’hypersensible
tronque son identité, retire le gnome de la vision de l’autre
et de sa propre vision. Il se focalise sur sa survie, il agit dans
l’obsession de sa protection, il refuse d'être ce qu'il est
qui semble si inapproprié.
UNE
AUTRE PERCEPTION DU RÉEL.
Et
si tout ceci résultait d'un simple décalage d'angle de
vue du réel ? La réalité est ce qu’elle est.
Celle dont l'autre me parle ne sera jamais plus pour moi qu'un
discours sur la réalité. La
réalité-vérité
conventionnelle est une « vue de l'esprit ».
Bonne ou non, cette réalité-vérité n'est
pas mon expérience de vie, mon contact direct avec le
réel.
Et si je regardais ma réalité, la seule qui me soit
donnée de vivre, sans ce filtre bien ou mal pensant, sans ce
prédicat ou jugement d'anormalité, sans cette peur
d'une exclusion (exclusion de quoi ?). Ce que je vis, ce que je sens
fait partie de ma réalité : point final. Ma
réalité
est phénoménologique, comme l'est celle du grain de
sable, de l'étoile, de la larve, de la vache, du singe et
même
de l'énarque.
INTENSITÉ
DE RÉCEPTION
En
tant qu'hypersensible ou spasmophile, ma réalité, c'est
d'abord une perception d'une intensité ... extraordinaire. Je
suis un récepteur performant, très performant !
Devrais-je renoncer, résister, ou même me plaindre de
mes capacités de réception ? Non. Ce serait
certainement reposant un temps de « ne pas
capter »,
mais décidément, non, je suis un récepteur,
c'est plutôt mieux comme ça. Peut être m'est-il
nécessaire d'apprendre à mieux canaliser la
réception.
Plutôt que de sur-réagir à la profusion de
signaux qui arrivent à me faire imploser, je pourrais peut
être me poser la question : quel est le signal utile ?
Qu'est-ce que je garde, qu'est-ce que je filtre ? Et travailler
là-dessus. Plutôt que de sur-réagir à ce
magma qui tend à me faire exploser, je pourrais mieux
canaliser l'émission, avoir un comportement plus expansif,
plus rayonnant. Dans la catégorie émetteurs –
récepteurs, nous avions la télé, la radio, les
antennes, les observatoires, etc. Ajoutons dans ce monde bien concret
et réel ces autres dispositifs que sont les hypersensibles.
Admettons-nous ce droit d'exister au moins autant que des postes de
radio. Cette profusion de signaux que je capte est comme une
profusion des possibles. Plutôt que d'occulter, il me reste
à
choisir, prendre ou ne pas prendre, développer ou ne pas
développer, faire ou ne pas faire, apprendre ou ne pas
apprendre.
FONCTION
TUNER
Dans
mes relations, cette profusion de signaux que je capte me donne une
aptitude particulière à ressentir ce que l'autre
ressent, à mieux comprendre la façon dont il comprend,
à mieux communiquer avec chacun, à mieux le rencontrer
là où il est vraiment. Emetteur – récepteur,
je peux développer consciemment la fonction
« tuner ».
Un tuner n'agit pas sur le contenu, il ne comprends pas mieux que les
autres, il exerce sa fonction de synchronisation, cherche à
faire émerger du bruit un signal intelligible. Approchez de
votre poste de radio, tourner les boutons, vous verrez, le tuner peut
se tromper mais ce serait se tromper vraiment que de s'en passer ! La
différence entre un homme et une radio est peut être que
cette dernière se contente de traiter des signaux hertziens.
La radio ne capte pas les odeurs, les goûts, les mouvements.
Nous captons tout ça et bien d'autres choses encore que l'on
sait parfois nommer, comme l'émotion, ou des choses dont on ne
sait rien.
LE
CHOIX DES MONDES
De
cette grande richesse de perception, de cette aptitude étrange
à « éponger », puis à se
connecter aux ressentis des autres, nous avons un accès direct
à plusieurs réalités. S'il n'y a en qu'une qui
ne me soit accessible directement (la mienne), en tant
qu'hypersensible je capte plus et ressens plus dans mes tripes des
choses qui appartiennent à la réalité de
l'autre. Ma réalité d'hypersensible inclut plus des
réalités des autres. Avec une moindre sensibilité,
nous n'avons accès qu'à une modélisation
mentale, une imagination, une supposition de ce qu'est la
réalité
de l'autre. Il s'agit pour l'hypersensible d'une expérience de
vie pure, bien plus riche qu'un modèle cérébral.
Cette richesse devrait-elle nous faire peur ? Nous avons un meilleur
choix dans les réalités, c'est en quelque sorte un
choix des mondes qui nous est ouvert. Potentiellement, une meilleure
adaptabilité. Potentiellement, une meilleure souplesse de
pensée.
ET
SI TOUT CELA AVAIT UN SENS ?
Hypersensibles,
spasmophiles, mes frères et soeurs gnomes, handicapés
et incongrus, se pourrait-il que nos sur-intensités non
seulement soient mieux maîtrisables par un travail en
profondeur sur soi, mais aussi que l'handicap s'avère être
un don qui attendrait notre choix pour rayonner ?
ET
LE COACHING DANS TOUT ÇA ?
Le
coaching consiste à accompagner une personne sur ses objectifs
réels dans le but de l’amener à élaborer
elle-même ses propres solutions, à développer des
apprentissages et son efficience pour faire face à ses
changements ou résoudre ses difficultés. Le coaching se
fonde sur l’écoute active empathique et procède
essentiellement par le questionnement porteur de sens. Devant
cette définition, quelque peu dense, nous pouvons
préciser
quelques points de positionnement notamment en regard de métiers
plus connus comme le conseil et la psychothérapie.
A
la différence du conseil, en coaching l'expert : c'est le
client. C'est lui qui décide de ses objectifs, qui
choisit ses trajectoires et ses apprentissages. C'est
lui qui vit sa vie et qui est ce qu'il est. Le coach se focalise sur
le client, il cherche à voir, percevoir, éventuellement
comprendre ce client : ce qu'il est, les ressources qu'il a, la
façon
dont il fonctionne. Et pour répondre à ces questions,
au lieu de puiser dans sa propre science comme le fait le conseil, il
pose au client les questions correspondantes. Les questions
posées
font sens pour le client et le poussent à la clarté.
Le
coaching se focalise sur le présent du client et a pour
vocation de l'aider à changer le présent, à
préparer aujourd'hui un meilleur avenir. Le
« meilleur »
est encore une notion que seul le client saura définir. Cette
focalisation présent – avenir est la différence
essentielle entre le coaching et la psychothérapie. La
thérapie sert à nettoyer les blessures du passé,
le coaching cherche à faire mieux vivre tel que l'on est
vraiment ici et maintenant. Les deux disciplines sont
fondamentalement complémentaires.
Le
coaching est questionnement, réalisme, pragmatisme. Il ne peut
être sectaire. Il reconnaît bien d'autres
complémentarités utiles dont la kinésiologie,
l'ostéopathie, l'homéopathie, etc. Pratiquement, le
coach reconnaît tout ce qui répondra favorablement
à
la question : de quoi avez-vous vraiment besoin ?
A
QUOI SERT LE COACHING POUR UN HYPERSENSIBLE ?
Le
coaching ne vous apportera pas de solution miracle. Le coach sait que
le miracle c'est vous même. Toutes ces ressources qui sont en
vous, certaines révélées d'autres qui ne
demandent qu'à l'être, le coach les perçoit, ne
les explique pas mais cherche avec vous à les activer. De
notre point de vue de coachs hypersensibles, nous avons cette
conviction que les effets de l'hypersensibilité ne sont que le
revers d'une qualité exceptionnelle. Et si vous n'avez que
faire de nos convictions, vous avez raison tant que cela ne vous aide
pas. Concrètement, le coaching est une aide au quotidien
pour mieux maîtriser les effets négatifs
présents
de l'hypersensibilité. Plus encore, le coaching mène
à
pratiquer de façon plus méthodique ce que sont
vos éléments de solutions. Encore mieux, le coaching
vous inscrit dans une attitude d'apprentissage par laquelle vous
progressez en meilleure autonomie, en meilleure
pro-activité.
Mieux comprendre ? Peut être oui, peut être non. Mieux
vivre, mieux gouverner, expérimenter, progresser pratiquement
: oui.
Pour
notre part, avant d'être une conviction, c'est un constat
expérimental. Avant d'être coach, nous avons
été
des coachés. Avant d'avoir les connaissances de coach, nous
avons parcouru un chemin expérimental qui part de nos
hypersensibilités, de ces souffrances récurrentes dans
les cellules de nos corps, nous avons progressé et progressons
encore dans l'appropriation de nos ressources enfouies. Aujourd'hui,
nous vivons mieux, tout à fait concrètement, au jour le
jour. Et plus encore, le côté obscur de nos
hypersensibilités s'estompe dans la lumière de talents
que nous n'imaginions même pas. Nous n'avons pas de solution
miracle à déposer, nous vivons le chemin. Nous n'avons
pas d'enseignement à vous dispenser, nous avons cette envie de
marcher ensemble, de partager nos expériences et plus encore
nos succès. A quoi sert le coaching pour un hypersensible ?
C'est bien votre réponse qui nous intéresse, c'est
votre réponse qui sera la bonne.
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LES AUTEURS
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| Françoise
Mondet-Kauffmann |
coach personnel et
professionnel, auteur du mémoire "coaching et
hypersensibilité ou le miracle de la
transformation".
|
| Xavier Coquelle |
master coach
personnel et professionnel, fondateur de Coach Intégration SARL |