Hypersensibilité article paru dans SANTE INTEGRATIVE
N°1
Janvier / Février 2008
La loi du changement
Xavier
Coquelle
Regardons ce simple caillou,
là
devant nous. C'est une matière inanimée, calme et
paisible, stable, immuable. Et pourtant si nous procédions
à
la dissection de ce caillou nous verrions des myriades d'atomes, et
encore plus de particules, d'électrons qui ne tiennent pas en
place. Il ne s'est pas passé une microseconde et notre caillou
n'est déjà plus le même. Il a changé
inexorablement, il a parcouru un drôle de chemin et même
des incertitudes quantiques. Stable ? Tu parles !
Observons une cellule vivante, et
pourquoi pas en nous-même ? Cela ressemble à une
cité
habitée de mille corps agités dans d'incommensurables
échanges dehors, dedans, partout. Ca bouge et bouge encore
dans une cartographie qui n'est jamais figée.
Observons nos pensées.
C'est un
marathon bien tonique. Elles viennent, se suivent, s'entremêlent,
partent un instant pour laisser place à dix autres. Il n'y a
pas de coupure électrique dans le monde des neurones. Un calme
apparent masque une tempête d'automatismes neuronaux,
d'adaptation et de reconstruction permanentes. Jamais notre
pensée
n'est la même. Elle change au gré d'un flot continu
d'informations, et d'un travail à plein temps de programmation
et re-programmation.
Allons n'y pensons plus !
Installons
nous devant une oeuvre picturale, et ne bougeons plus !
Encore raté ! Notre regard
simple sur ce tableau génère des émotions, des
sentiments qui bouleversent et changent à chaque instant notre
monde émotionnel.
Serions nous méditants
qu'à
peine la bête calmée apparaît un rayonnement, une
pluie photonique, une pulsation, que-sais-je ? ... sinon qu'en rien
ce n'est statique.
Le mouvement est partout.
Il est lié à nous sur tous les plans de notre être.
Où que l'on regarde, dans tout espace, dans tout temps, dans
toutes les dimensions et même les plus profondes c'est du
changement, omniprésent.
Pourrions-nous imaginer
une parcelle statique quelque part ? Quelque chose de réellement
immuable ?
Certainement pas et dans
aucune réalité.
Souhaiterions nous une
part inchangée ? A y réfléchir : non.
Notre vie
est tout changement. Le changement est la vie elle même.
Il
baigne l'univers entier du plus concret au plus abstrait.
Alors finalement nos peurs
du changement, nos peurs de l'inconnu ne sont que des impostures.
Elles sont une illusion
totale. Elles sont un mensonge grossier à nous même car
de bout en bout, que nous le voulions ou non, nous nous nourrissons
de l'inconnu.
Faisons la paix avec cela
et ne résistons plus. Laissons-nous aller vers notre propre
expansion. Savourons enfin, à chaque instant, la pulsation
vivante de nos propres changements.