Coach Intégration SARL

Hypersensibilité article paru dans Spasmagazine N°19 Janvier / février 2007

Spasmophilie et identité


Nous ne sommes pas spasmophiles, nous possédons un terrain favorable à ce dysfonctionnement. Ce dernier mérite d'être exploré pour mieux connaître nos capacités afin de les exploiter au mieux.
Françoise Mondet-Kauffmann

Lorsque je demande à un spasmophile : «qui es-tu?» J'entends fréquemment la réponse : «je suis spasmophile». Comme si le caractère spasmophile de la personne définissait son identité.
N'y a-t-il pas une confusion ? Confusion qui ancre des croyances parmi lesquelles : «je suis spasmophile, je suis malade, je suis dans l'incapacité de...» et bien d'autres. Pour moi la spasmophilie ne relève pas de l’identité mais du fonctionnement. La spasmophilie est un mode de fonctionnement, ou plutôt un mode de dysfonctionnement.  Si je comparais les individus à des ordinateurs, je dirais que chacun à son identité propre et ses capacités. Chaque ordinateur possède une boîte aux lettres électronique qui reçoit régulièrement des messages d’ordre physique, biologique, émotionnel…  Dans le cas d’un ordinateur au terrain spasmophile, la boîte aux lettres reçoit beaucoup plus de messages que les autres (éventuellement trop !) et ces messages ne sont jamais pris en compte, triés, gérés. Cette mauvaise gestion de la messagerie amène à un blocage de l’ordinateur à différents niveaux. Dans le cas de l’ordinateur, on dit qu’il y a un « bug », il n’y a pas de virus, « il n’est pas malade », et son identité n’est pas atteinte. Il manque simplement de ressources ou d'un meilleur emploi de ses ressources. On peut faire l’analogie avec une personne dont le terrain est spasmophile. Elle est avant tout dotée d’une hypersensibilté qui lui permet de capter, recevoir plus de messages de tous ordres (physique, émotionnel, biologique…) par rapport à la moyenne (cf : article sur l’hypersensibilité et le coaching dans le spasmagazine N°13). Si la personne arrive à gérer sa messagerie (lire, trier, traiter  les messages, jeter ceux qui ne lui sont pas destinés…) alors cela devient une vraie puissance. En revanche, si elle laisse sa messagerie s’engorger, ça bug et le corps « dysfonctionne », ce sont alors les effets désagréables des différents symptômes de la spasmophilie. L'important, selon moi est donc d'être conscient des limites réelles de notre boîte de réception, et de faire bon usage de chaque message qui nous est vraiment destiné en activant, peut être mieux, ses ressources.
« Il est normal d’avoir des problèmes, mais il ne l’est pas de les laisser devenir pathologiques »
Ichak Adizes
Lorsqu’un diagnostic médical tel que «vous êtes malade, vous êtes spasmophile» est posé, il peut légitimer une croyance (puisque c'est Monsieur le Docteur qui le dit !). Elle s'avèrera destructrice car une croyance sur une incapacité va renforcer l'incapacité elle-même qui va alimenter cette croyance ... Exemple : je crois que je peux pas courir 5 km. Je veux bien essayer, mais... (naissance de peurs, de projections...). Je commence à courir, et très vite je me sens mal, j'arrête. Je n'y suis pas arrivé, je suis incapable de courir et je viens de vérifier que ma croyance était bien fondée. J'ai donc bien raison de croire ce que je crois, puisque «c'est vérifié»!  Dans le cas d'un dysfonctionnement, il semble plus sain d'enrayer ce dernier plutôt que d'enrayer la personne (plus sain et plus vivant aussi!). Être spasmophile supposerait que la spasmophilie est une composante de notre identité.  L'identité, telle qu'on la travaille en coaching, est faite de notre intégrité, de nos besoins, de nos valeurs. L'intégrité de la personne comprend l'intégrité physique, psychologique, émotionnelle ... La personne est et reste entière !

L'intégrité c'est vivre en cohérence avec ses valeurs, et respecter ses besoins.

Les valeurs constituent l'important fondamental de chacun, ce à quoi on croit vraiment (liberté, égalité, fraternité !). Les valeurs d'une personne sont ... ce qu'elles sont, point barre. Elles ne souffrent aucun commentaire ou jugement. En ce qui concerne les besoins, je vous invite à jeter un coup d'oeil sur la pyramide de Maslow. Chaque personne a différents niveaux de besoins représentés sous la forme d'une pyramide dont la base est constituée de besoins primaires (air, eau, nourriture ...). Suivent ensuite les besoins secondaires (sécurité, maison ...). Et enfin, les besoins tertiaires que sont les besoins de reconnaissance (sociale, appartenance à un groupe ...) auxquels j'ajouterais les besoins d'ordre plus spirituel. Lorsque la personne a identifié ses valeurs, ses besoins, et qu'elle agit en cohérence avec ceux-ci, elle est dans son identité. La spasmophilie n'est ni une valeur, ni un besoin. Elle n'a aucun lien avec l'identité. Alors pourquoi continuer à dire « je suis spasmophile » ? Je préfère de loin l'expression « j'ai un terrain spasmophile ». Cette expression pourrait même à mon sens être utilisée par les thérapeutes dans leur approche du patient pour éviter le risque de valider cette croyance limitante de l'identité spasmophile. Cette approche ne doit pas zapper l’accueil bienveillant de la personne qui, dans sa réalité, vit une souffrance liée aux différents effets du « dysfonctionnement spasmophile ». Le terrain spasmophile est en amont une hypersensibilité qui, si elle est accueillie et apprivoisée, est un vrai don au service de la personne et de son identité. Cette hypersensibilité offre de véritables capacités à qui choisit de les recevoir, de les voir, de les développer.

besoins
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