Lorsque
je demande à un spasmophile : «qui es-tu?»
J'entends fréquemment la réponse : «je suis
spasmophile». Comme si le caractère spasmophile de la
personne définissait son identité.
N'y
a-t-il pas une confusion ? Confusion qui ancre des croyances parmi
lesquelles : «je suis spasmophile, je suis malade, je suis dans
l'incapacité de...» et bien d'autres. Pour
moi la spasmophilie ne relève pas de l’identité mais
du fonctionnement. La spasmophilie est un mode de fonctionnement, ou
plutôt un mode de dysfonctionnement.
Si
je comparais les individus à des ordinateurs, je dirais que
chacun à son identité propre et ses capacités.
Chaque
ordinateur possède une boîte aux lettres
électronique
qui reçoit régulièrement des messages d’ordre
physique, biologique, émotionnel…
Dans
le cas d’un ordinateur au terrain spasmophile, la boîte aux
lettres reçoit beaucoup plus de messages que les autres
(éventuellement trop !) et ces messages ne sont jamais
pris en compte, triés, gérés. Cette mauvaise
gestion de la messagerie amène à un blocage de
l’ordinateur à différents niveaux.
Dans
le cas de l’ordinateur, on dit qu’il y a un
« bug », il n’y a pas de virus, « il
n’est pas malade »,
et son identité n’est pas atteinte. Il manque simplement de
ressources ou d'un meilleur emploi de ses ressources. On
peut faire l’analogie avec une personne dont le terrain est
spasmophile. Elle est avant tout dotée d’une
hypersensibilté
qui lui permet de capter, recevoir plus de messages de tous ordres
(physique, émotionnel, biologique…) par rapport à la
moyenne (cf : article sur l’hypersensibilité et le
coaching dans le spasmagazine N°13). Si la personne arrive à
gérer sa messagerie (lire, trier, traiter les
messages, jeter ceux qui ne lui sont pas destinés…) alors
cela devient une vraie puissance.
En
revanche, si elle laisse sa messagerie s’engorger, ça bug et
le corps « dysfonctionne », ce sont alors les
effets désagréables des différents symptômes
de la spasmophilie.
L'important,
selon moi est donc d'être conscient des limites réelles
de notre boîte de réception, et de faire bon usage de
chaque message qui nous est vraiment destiné en activant, peut
être mieux, ses ressources.
« Il
est normal d’avoir des problèmes, mais il ne l’est pas de
les laisser devenir pathologiques »
Ichak
Adizes
Lorsqu’un
diagnostic médical tel que «vous êtes malade, vous
êtes spasmophile» est posé, il peut légitimer
une croyance (puisque c'est Monsieur le Docteur qui le dit !). Elle
s'avèrera destructrice car une croyance sur une
incapacité
va renforcer l'incapacité elle-même qui va alimenter
cette croyance ...
Exemple
: je
crois que je peux pas courir 5 km. Je veux bien essayer, mais...
(naissance de peurs, de projections...). Je commence à courir,
et très vite je me sens mal, j'arrête. Je n'y suis pas
arrivé, je suis incapable de courir et je viens de
vérifier
que ma croyance était bien fondée. J'ai donc bien
raison de croire ce que je crois, puisque «c'est
vérifié»!
Dans
le cas d'un dysfonctionnement, il semble plus sain d'enrayer ce
dernier plutôt que d'enrayer la personne (plus sain et plus
vivant aussi!).
Être
spasmophile supposerait que la spasmophilie est une composante de
notre identité.
L'identité,
telle qu'on la travaille en coaching, est faite de notre
intégrité,
de nos besoins, de nos valeurs. L'intégrité
de la personne comprend l'intégrité physique,
psychologique, émotionnelle ... La personne est et reste
entière !
L'intégrité
c'est vivre en cohérence avec ses valeurs, et respecter ses
besoins.
Les
valeurs constituent l'important fondamental de chacun, ce à
quoi on croit vraiment (liberté, égalité,
fraternité !). Les valeurs d'une personne sont ... ce qu'elles
sont, point barre. Elles ne souffrent aucun commentaire ou jugement. En
ce qui concerne les besoins, je vous invite à jeter un coup
d'oeil sur la pyramide de Maslow. Chaque personne a différents
niveaux de besoins représentés sous la forme d'une
pyramide dont la base est constituée de besoins primaires
(air, eau, nourriture ...). Suivent ensuite les besoins secondaires
(sécurité, maison ...). Et enfin, les besoins
tertiaires que sont les besoins de reconnaissance (sociale,
appartenance à un groupe ...) auxquels j'ajouterais les
besoins d'ordre plus spirituel. Lorsque
la personne a identifié ses valeurs, ses besoins, et qu'elle
agit en cohérence avec ceux-ci, elle est dans son
identité.
La
spasmophilie n'est ni une valeur, ni un besoin. Elle n'a aucun lien
avec l'identité. Alors pourquoi continuer à dire
« je
suis spasmophile » ? Je préfère de loin
l'expression « j'ai un terrain spasmophile ».
Cette expression pourrait même à mon sens
être
utilisée par les thérapeutes dans leur approche du
patient pour éviter le risque de valider cette croyance
limitante de l'identité spasmophile. Cette approche ne doit
pas zapper l’accueil bienveillant de la personne qui, dans sa
réalité, vit une souffrance liée aux
différents
effets du « dysfonctionnement spasmophile ». Le
terrain spasmophile est en amont une hypersensibilité qui, si
elle est accueillie et apprivoisée, est un vrai don au service
de la personne et de son identité. Cette hypersensibilité
offre de véritables capacités à qui choisit de
les recevoir, de les voir, de les développer.
Cet
article vous interpelle peut-être, vous avez envie de
réagir
… ? Alors surtout, succombez à vos envies en nous
écrivant. C’est parce que chacun bouge que l’on peut
avancer ensemble !