Nul
besoin de sortir une encyclopédie, la synchronisation dont
nous parlons est simple comme bonjour. Et bonjour lui-même
est le premier terme utilisé dans la synchronisation d'une
relation. Nous rencontrons quelqu'un et de cette rencontre va
s'instaurer un échange : comment ? La synchronisation est
l'acte par lequel un échange sera possible entre moi et
l'autre. Activer la fonction « tuner »,
chercher à se retrouver sur la même longueur d'onde. La
synchronisation a ses conditions et ses savoir-faire.
La
première condition de la synchronisation est l'envie. Sinon
changeons de trottoir, nous y perdrons un échange, nous y
gagnerons peut-être ailleurs, Allez savoir ? A
partir de l'envie, il reste quand même un chemin microscopique
ou bien tout un monde à traverser lorsqu'une peur nous
accompagne. Une peur ? Quelle peur ? Parfois nous aimerions bien
savoir quelles peurs nous accompagnent. Plus souvent peut-être,
nous hypersensibles, sommes focalisés sur un besoin intense de
protection de soi, occupés pleinement à faire
fonctionner notre machine de défense plutôt que de
s'interroger. Alors parlons-en de ces systèmes de défense
qui sont des freins à la synchronisation. Hypersensibles ou
non, c'est un même combat. C'est juste l'intensité qui
diffère : un microcosme ou un monde.
Qu'est-ce
qu'il me veut celui-là ?
Nous
avons tous rencontré des gens dont nous percevons une
puissance protectrice qui nous engage à mieux échanger,
mieux partager. Nous qualifions facilement ces personnes d'amis.
Lorsqu'ils sont trop éloignés de nous pour mériter
ce qualificatif, nous disons que ce sont des gens biens, de belles
personnes. Avant cela, c'est la synchronisation qui est bonne. Ces
personnes n'alimentent pas nos peurs, elles ont une qualité
d'accueil et nous nous y connectons.
Sommes-nous
simplement bien lunés ce jour-là ?
A
contrario, d'autres personnes montrent un déploiement
énergétique, une puissance active qui est plutôt
bonne dans l'absolu mais qui peut nous rendre mal à l'aise.
Nous y percevons une agression qui déclenche nos freins,
renforce nos peurs et nos systèmes de défense.
Sommes-nous
mal lunés ?
Ces
personnes le mériteraient peut-être mais ce ne sont pas
nos amis. C'est un exemple de frein à la
synchronisation. Comme en photographie, l'appareil peut être
bon et l'objet à photographier peut être beau, si les
conditions de lumières sont mauvaises, la photo ne sera pas
bonne. Ni l'appareil, ni l'objet ne sont coupables.
Hypersensibilité
et surexposition, avouons que cela puisse nous parler. Et comme en
photographie, nous pouvons agir sur nos réglages, notre choix
des angles de vue, des filtres, etc.
Les
systèmes de défense sont des freins à la
synchronisation
Si
l'on nous propose d'expérimenter le saut à
l'élastique
sans élastique, nous avons deux options : le faire ou ne pas
le faire. Dans le premier cas nous nous montrons ouverts,
libérés
de nos freins, entreprenants et un peu morts. Dans le second cas,
reconnaissons que nous sommes un peu coincés, esclaves de nos
peurs, renfermés dans nos freins ou systèmes de
défense
... et en un mot : vivants.
La
protection, les systèmes de défense que nous
déployons
sont une condition sine qua non de la vie, une fonction vitale
essentielle. C'est normal et mieux encore, c'est naturel. Nous
pouvons alors nous consacrer à mieux comprendre certains
systèmes de défense et même apprendre à
mieux faire les menus réglages qu'ils méritent.
Pour
ne pas sauter sans élastique, nous pouvons faire ou penser
à
autre chose : c'est le système de
l'état captif. Physiquement,
ça ne va pas du
tout, j'ai ceci ou cela mais
inutile de parler de saut à l'élastique !
Ou
encore Vous parlez de saut sans élastique mais le concept
de liberté est un paradigme subtil dans lequel s'inscrit une
notion de succès car celle-ci est liée à un
autre paradigme, celui du risque dont Louis de Broglie disait
très
justement : « Il n'y a pas de succès sans
risque »,
et bla et bla et bla ....
En
deux mots : l'élaboration
mentale. Pour ma part, je
préfère
appeler cet état captif : « le petit
vélo ».
L'état
captif s'appuie sur une sur-représentation mentale de
désordres qui peuvent aller d'une douleur physique plus ou
moins intense à un simple inconfort. S'il n'y a pas de
désordre physique, nous pouvons faire confiance à notre
intellect pour construire un état captif. C'est tout aussi
efficace et moins douloureux, ... au moins pour celui qui parle.
Le
petit vélo est le jeu de la supposition et des inductions
logiques qui occultent la réalité présente dans
un parcours survolté de nos croyances. C'est normal et humain,
tout le monde a son petit vélo ... plus ou moins bien
équipé.
Qu'il
soit de source physiologique ou mental, le système de
défense
activé s'auto-alimente car notre mécanique de
protection est douée d'automatisme réactionnel. C'est
heureux pour notre survie, et plus mitigé pour notre
capacité
de synchronisation. Pour
l'hypersensible, le passage à un état captif est
favorisé par la saturation des canaux de perception. L'image
du saut sans élastique peut être telle qu'elle nous
submerge, nous tétanise. A partir de là, nous
n'entendrons plus rien, perdus à gérer tant bien que
mal les effets négatifs qu'une telle visualisation
génère.
Pourriez-vous
me passer le sel s'il vous plaît ?
La
saturation des canaux peut précéder la proposition de
saut sans élastique. Nous n'entendrons simplement pas la
proposition parce que nous sommes ailleurs. Non seulement tout le
monde sait faire cela, mais c'est même une pratique quotidienne
pour tout le monde. Du sel ?
En
dehors des mécanismes de protection et de leur surutilisation,
la synchronisation dépend d'autres principes. Nous y
reviendrons plus tard tout en notant dès à présent
que, cher lecteur hypersensible ou non, vous ne nous avez toujours
pas passé le sel.
Les
hypersensibles sont les rois (potentiels) de la
synchronisation.
Une
condition indispensable à la synchronisation repose sur la
capacité de perception des signaux. Sur
ce point, ayons plein de compassion pour ceux qui ne sont pas
hypersensibles, ces pauvres êtres égarés dans un
monde qu'ils ne captent que trop peu. Avant même que quelqu'un
ne nous voit, nous percevons par de multiples canaux ses états
internes. Cette perception est, au moins au départ, vibratoire
par opposition à élaborée, pensée,
analysée. La perception s'impose : pan sur le bec !
Ces états
internes sont le plus souvent très composites et incluent des
petites souffrances, des petites peurs, toutes ces petites choses
négatives qui nous assaillent et tendent à nous plonger
dans des états captifs. Ils contiennent des émotions
encore et encore jusqu'à notre saturation, et aussi tout un
monde de beauté, d'aspirations bien moins bruyantes. C'est une
symphonie de Beethoven agrémentée du murmure d'un
chantier de construction. Les cinquante musiciens sont là et
nous les entendons. Il ne nous reste plus qu'à les
écouter,
c'est-à-dire y mettre notre intention, y focaliser notre
attention. N'oublions pas les cinquante ouvriers, ils font partie du
décor mais ils ne doivent pas occuper tout l'espace en nous.
Acceptons donc notre perception. Acceptons bien sa totalité
car elle est exceptionnelle et lors de son apparition la perception
est neutre. Les ondes sonores, les jeux de lumières et
d'ombres, les odeurs et les goûts, les mouvements et pulsations
plus subtils comme des milliers de vagues. Tout vibratoire, neutre au
départ. Hyper-perçus. Des trésors d'indicateurs
de synchronisation. Et n'en oubliez
quand même pas de me passer
le sel.
La
synchronisation - concrètement ?
Nous
abordons ici un passage crucial de cet article sur la synchronisation
où vous allez enfin pouvoir nous passer le sel.
Je
pense donc je suis ailleurs
Nous
sommes des êtres mentaux dotés de petits vélos,
envolés dans l'extrême richesse de nos idées de
génie ou parfois, plus rarement, affairés dans les
méandres de nos suppositions inutiles. Si vous êtes dans
l'un ou l'autre, je n'aurai pas mon sel, voire vous allez me passer
le poivre. Quant à moi, si je n'arrête pas cet état
interne fait, par exemple, de formulaires Cerfa et de date de
paiement de TVA, je sens confusément que l'échange
manquera d'une richesse souhaitable. La première étape
sera dès lors de rendre neutre notre propre état
interne, d'aller vers une envie d'échanger. Puis nous allons
devoir faire chacun un bout de chemin l'un vers l'autre. Prenons
l'hypothèse d'une première rencontre programmée,
version neutre du « qu'est-ce qu'il me veut celui-là
? ». Allez, je commence :
Bonjour
!
Si
vous dites à votre tour “bonjour", c'est le début
d'une belle relation. Cela nous est tous arrivé de voir
débarquer devant nous des envahisseurs qui nous balancent
directement des "et vous, vous
pensez quoi de la culture
industrielle du brocolis en moyenne montagne ?". Même
en aimant les brocolis, c'est désagréable. La
synchronisation commence d'abord par une autorisation mutuelle
d'entrer en échange, un accueil réciproque :
simple
comme bonjour !
Tu
me cherches ?
Donc,
la solution serait : «Bonjour
! ... vous pensez quoi de la
culture industrielle du brocolis en moyenne montagne ?» ou
bien «Bonsoir ! ... et vous
pour le régime de TVA
vous êtes au mini-réel ?».
Il
est possible qu'une telle approche marche. Ce serait une fort belle
coïncidence. Partons plutôt de l'hypothèse que ces
sujets pourtant passionnants ne soient pas si omniprésents ou
universels. Le premier regard échangé porte de
nombreuses indications. C'est encore plus évident pour les
hypersensibles. Ces indicateurs peuvent faciliter la synchronisation
à condition de bien rester conscient qu'ils ne sont que des
informations filtrées, donc réduites, par notre
état
interne présent et par l'incommensurable somme de nos choix et
conditionnements physiques, émotionnels et mentaux.
Nous
captons plein de signaux de l'autre, comme de tout l'environnement,
et la seule certitude que nous puissions avoir, c'est que nous les
déformons au point qu'ils ressemblent beaucoup moins à
ce qui a été émis par la personne en face. Notre
réalité nous appartient. C'est aussi vrai pour l'autre
!
Nous
allons devoir le chercher, comme il devra nous chercher pour qu'un
échange vrai puisse se faire.
Si
vous me dites, inspirés par les inconnus, «TVA bien
?» : bingo, vous m'avez trouvé du premier coup !
Toutefois,
la qualité de l'échange pourrait être compromise
peut-être par manque de synchronisation émotionnelle. Il
me cherche celui-là !
Lorsque
l'échange est établi et tant que nous restons attentifs
à l'autre, nous pouvons suivre, avec une meilleure
probabilité
de réussite, notre perception voire notre intuition. Notre
conscience de l'autre augmente. Nous pouvons mieux comprendre sa
manière de fonctionner, détecter là où
ça
lui plait, là où ça ne lui plait pas (Cf.
notion de calibrage en PNL). L'échange
installé
donne un contexte stable, une ambiance, un ton, un registre de
communication commun. La ballade peut alors à moindre risque
prendre des chemins plus créatifs voire confrontants.
Pratiquement,
nous pouvons chercher l'autre par un balayage des niveaux logiques
dans le bon ordre : du moins impliquant au plus impliquant.
La
ballade du bitume à l'engagement spirituel
Exemple
: «Bonjour ! .... Cette
demeure est magnifique, n'est-ce pas
?»
Si
vous aimez les pierres de taille, je marque un point. Sinon, la
synchronisation marque un point quand même car nous sommes sur
le terrain neutre de l'environnement
qui
ne nous implique pas
personnellement. Et nous pouvons faire une longue ballade sur ce
niveau d'une neutralité bien reposante. Il fait beau ou pas,
le fond de l'air est frais, la luminosité est magnifique, etc.
Puis,
nous pouvons essayer le niveau des comportements,
c'est-à-dire
de notre rapport personnel à l'environnement. Et arriver
sous ce petit brin de soleil, je trouve ça bien agréable,
pas vous ?
Cette
veste vous va comme un gant, et je n'aime pas ce temps humide, et
c'est bien agréable pour moi de rencontrer de nouvelles
personnes, ... Chacun son truc, chacun sa perception de
l'environnement et sa façon d'y réagir.
Ensuite,
nous pouvons aborder le niveau des capacités
et ressources. Vous
avez
trouvé facilement ? Notons
qu'une telle question si banale peut engendrer un profond malaise. Et
bien non, je n'ai pas trouvé facilement, j'ai tourné
pendant une heure, je suis tombé en panne d'essence, je suis
garé à deux kilomètres, je suis tout
essoufflé,
je suis trop nul !
Tout
le pouvoir de notre compassion aura bien du mal à remonter la
barre : «mais non, tu n'es pas
nul !». Est-ce que
cela rassure vraiment ? Tentez alors l'environnement : «oui,
c'est vrai que les indications routières sont insuffisantes,
les noms de rue peu visibles, la chaussée
déformée,
il y a un brouillard à couper au couteau, ...».
Même
à travers une question qui s'avère explosive, nous
avons progressé vers une meilleure qualité de
synchronisation. L'échange est plus riche et engageant. Je
préfère toutefois envisager une synchronisation vers un
échange agréable et constructif. Pour ce faire, à
ce niveau des capacités et ressources, visez les ressources et
les apprentissages. Examinez par exemple la question suivante : Je
n'ai pas trouvé cet endroit si facilement, je devrais amener
un plan avec moi. Et vous, vous avez trouvé facilement ?
Elle
offre sur un plateau à votre interlocuteur une position haute
en termes de capacités “ça
va, j'ai trouvé
facilement”. Trop fort ! Et une piste d'apprentissage si
nécessaire : Oui, je devrais
aussi me procurer un plan plus
actuel. Bien vu ! Et si nous
passions à table, qu'en
pensez-vous ? A ce stade de la synchronisation, c'est notre
capacité d'échange voire même d'écoute qui
s'ouvre enfin et bien d'autres. A la question : Pourriez vous me
passer le sel, s'il vous plaît ? Et bien oui, vous pouvez
le faire : Bingo !
Vient ensuite le niveau des croyances.
La
gestion de la TVA c'est un truc de dingue, complètement
illogique et en plus la TVA c'est de l'escroquerie institutionnelle.
Vous dis-je ! Et vous croyez le contraire. Je ne vous en veux pas
mais expliquez-vous ! Ainsi, deux heures après, je vous ai
expliqué comme j'ai raison, vous m'avez exposé votre
compréhension de la notion de valeur ajoutée et des
financements publiques qui permettront de mettre des panneaux
indicateurs pour venir plus facilement ici. J'ai fait évoluer
mes croyances et vous avez aménagé les vôtres. Un
grand sentiment de compréhension mutuelle !
De
plus en plus engageant est le niveau de l'identité.
Nous avons deux identités, celle de notre carte et celle, plus
profonde, qui nous définit vraiment. La carte d'identité,
c'est ce truc en plastique avec nom, date et lieu de naissance,
taille, adresse, signature et une photo qui montre une cabine sous
une mauvaise lumière et l'image ratée d'un personnage
au milieu. Personnellement, je classerais plutôt cette chose
dans le niveau logique de l'environnement. Sinon, il y a l'autre
identité, celle qui a du relief, de la belle lumière,
celle qui est unique, celle qui nous permet de dire : «ça,
c'est moi / ça, ce n'est pas moi».
L'identité
profonde, c'est celle qui nous fait dire de nous-même un
paradoxal «ça, ce n'est
pas moi». Et nous avons
raison, nous sommes beaucoup mieux
qu'il n'y paraît ... y compris à nous-mêmes. Les
échanges à ce niveau sont particulièrement
riches dès lors que nous nous penchons sur l'identité
de l'autre au-delà du filtre déformant de nos croyances
ou de la synthèse non moins déformante de notre carte
d'identité voire de notre CV. Ces échanges sont plus
rares, ce sont des échanges amicaux. Charge à
nous-même
d'y accéder, l'exercice de la synchronisation aidant.
Enfin,
le niveau des missions
est le Graal de la synchronisation. La
mission est la chose qui dépasse notre identité et
à
laquelle nous sommes essentiellement connectés. Vous faites
une collection de timbres uniques au monde, vous contribuez à
une association qui oeuvre pour favoriser l'atteinte d'une
sérénité
par des spasmophiles, vous êtes obsédé par
l'évolution de la conscience humaine, ... Bref, vous oeuvrez
pour le monde et votre oeuvre vous dépasse. Le monde la
capitalise, les générations futures en hériteront.
Voilà ce que peuvent être des missions. Les
échanges
à ce niveau-là ? Je vous laisse deviner, ou mieux
pratiquer, la richesse et la puissance que cela peut être.
Les niveaux logiques
(Pour en savoir plus : Dilts)
|
Environnement
Comportement
Capacités & ressources
Croyances
Identité
Mission
|
Pour
l'hypersensible, c'est une synchronisation difficile, un rêve
qui demande de traverser des couches et des couches d'émotions.
Et pour l'hypersensible, sans doute y a-t-il une excellence
particulière sur ce niveau d'être, une puissance
particulière à l'échange synchronisé sur
ce terrain. Les hypersensibles sont peut-être les premiers
explorateurs d'une notion de synchronicité, d'un échange
d'une telle richesse qu'elle crée vraiment un monde meilleur.
Je
reprendrais bien un peu de sel, du sel de la vie.
Etapes de synchronisation
|
1.
Neutralisation de notre
état
interne
2. Autorisation – accueil : bonjour
3. Détection du niveau
d'entrée (Niveaux logiques)
4. Approche progressive neutre : entrer par
l'environnement puis remonter les niveaux logiques
5. Échange : suivre ou proposer la
ballade sur les différents niveaux logiques
* Échange agréable : mener
sur des terrains constructifs pour les deux.
* Au-delà de la
synchronisation,
chercher à atteindre une synchronicité qui dépasse
l'échange individuel.
|