La mémoire c'est ... sauf que


© Xavier Coquelle
article paru dans SANTE INTEGRATIVE N°7 Janvier / Février 2009


La mémoire est définie comme l'aptitude à conserver et à restituer des choses passées.

Sauf que !

« J'ai fait cela », dit ma mémoire. « Impossible ! », dit mon orgueil, et il s'obstine. En fin de compte, c'est la mémoire qui cède. (Friedrich Nietzsche)

Pratiquement, nos mémoires sont truffées de choses qui ne se sont pas passées.
Notre façon de conserver relève plus du bricolage de la réalité que de la conservation des faits réels. Le sommeil paradoxal est le haut lieu de ce bricolage. Nos fréquents trocs de réalité nous montrent que même dans un supposé éveil, nous bricolons les choses passées avant même de constituer nos mémoires. C'est sans compter encore sur notre créativité qui nous permet de construire des mémoires sur la seule base de nos imaginations.

Personnellement, j'ai un souvenir précis des concerts de Jimi Hendrix et de Carlos Santana à Woodstock. Un vrai délice, il faisait beau, l'ambiance était très fraternelle, nous en avions plein les oreilles et plein les yeux et cette impression poignante que nous assistions à l'avènement d'un nouveau monde.
Un détail toutefois : je n'y étais pas.
Une belle mémoire pourtant que je ne vois pas trop l'intérêt d'occulter ou d'ignorer.

Du beau bricolage !

Pour ce qui concerne notre aptitude à restituer, elle relève plus d'un choix très sélectif guidé par notre état instantané : demandez le programme !
Et bien, non, je ne me souviens pas de ceci mais il me semble me souvenir que ...
Et si cela n'a jamais existé, ne soyons pas trop pointilleux, cela fera très bien l'affaire quand même. Bricolage encore.

Mes pauvres amis, la mémoire n'est plus ce qu'elle était !

Définir la mémoire comme une aptitude semble être aujourd'hui une mauvaise piste. Ce serait plutôt la programmation des mémoires qui serait notre aptitude. La Programmation Neuro-Linguistique (PNL) est une discipline qui montre très concrètement ce qu'on peut faire et défaire de ses mémoires. Nous sommes les scénaristes qui jouons et déjouons l'organisation, la logique et même le contenu de nos mémoires. Nous substituons une mémoire par une autre au gré de notre besoin ou de nos fantasmes ou de notre fantaisie. Nous dessoudons ou nous soudons nos synapses comme nous le ferions sur un quelconque circuit électronique.
La bonne nouvelle, c'est que l'aptitude là dedans est celle de fabuleux créateurs. Nous avons même aujourd'hui les outils et méthodes techniques pour que nos créations prennent corps, même au niveau physico-chimique, dans nos mémoires. Nous étions des esclaves d'une mécanique inaccessible, nous devenons les programmeurs plus volontaires, presque tout puissants, de notre grand ordinateur neuronal.

Sinon une aptitude, la mémoire serait un fait de conservation d'information en nous.

Pas mal. Sauf que !

Si nous considérons ce « en nous » comme une localisation spatiale et temporelle assez bien délimitée, cela pose problème.
Nous parlons de mémoires collectives, trans-générationnelles, culturelles voire universelles. Ce « en nous » deviendrait finalement bien incertain. Une conservation « quelque part » auquel nous aurions la capacité de nous connecter ?
Après l'ordinateur, voilà donc le modem et la mémoire qui serait répartie sur une sorte de toile géante qui nous dépasse : un internet ?
Ce serait donc plus fonctionnel que simplement lié à un dispositif physique, fut il neuronal.

Allez, disons que la mémoire est un machin neurofonctionnel plus ou moins partagé.

Mes pauvres amis, la mémoire n'est plus ce qu'elle était. Tant pis, de toute façon nous aurons oublié cet article dans cinq minutes car au moins le programme de mémorisation, nous en avons les clefs.

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